Publié le : 16 juin 2026 à 20:23:14
Dans les rues de Trois-Pistoles, Madame Mouton est depuis longtemps le surnom qui colle à la peau de Barbara Chillas, fondatrice de la lainerie Mouton Noir. Lorsqu’elle a décidé de faire le saut et de commercialiser sa propre ligne de laine teinte à la main, ce sobriquet s’est imposé comme une évidence.
La collection de Madame Mouton est l’aboutissement de plusieurs mois de travail pour Barbara Chillas. Installée dans son arrière-boutique, l’artisane a multiplié les expérimentations sur différents échantillons avant d’obtenir le résultat escompté. Lancée officiellement le 12 juin, elle peut dire: mission accomplie. Dans le commerce de la rue Jean-Rioux, les rangées d’écheveaux colorés donnent envie, même aux plus novices, de se lancer dans le tricot.
DES COULEURS QUI VIBRENT
Une série de longs procédés, comme le nettoyage, le filage et le cardage, sont nécessaires avant d’arriver à une pelote de laine adéquate pour la teinture. Pour cette première mouture, la matière première provient d’une province canadienne, car au Québec, l’approvisionnement en laine n’est pas chose facile, par manque de filatures. Aussi, Madame Mouton rappelle que toutes les races de moutons ne fournissent pas une laine adaptée au tricot. «Je suis en discussion avec différents producteurs et propriétaires de bergeries locales pour m’approvisionner avec vraiment des laines locales, éventuellement.»
En ce qui concerne la teinture, ce sont des pigments à base d’acide qui ont été utilisés. «Parce que la teinture végétale a des limites au niveau de la vibrance de la couleur […] j’avais envie de couleurs vibrantes. Mais les prochaines collections vont probablement être végétales», explique-t-elle.
VIVRE SA PASSION
Pour Barbara Chillas, cette passion pour la laine ne date pas d’hier. Dès 12 ans, les aiguilles à tricoter dansaient entre ses mains avec un talent déjà remarquable. À l’âge adulte, le tricot est devenu un passe-temps essentiel pour faire évacuer le stress du travail. «Et puis, un matin, je me suis dit: je veux changer de vie. Alors, c’est ce qu’on a fait. On a complètement changé de vie.» L’appel du fleuve s’est fait entendre et son projet de retraite à Trois-Pistoles s’est concrétisé beaucoup plus vite que prévu.
Aujourd’hui, la lainerie Mouton Noir rayonne bien au-delà des Basques. De nombreux touristes de passage visitent la boutique pour y dénicher des produits de qualité. «En fait, l’idée, c’est aussi de faire rayonner les Basques. Ça fait que je pense qu’on y arrive bien, avec ce produit-là.»
DES PROJETS EN TÊTE
Madame Mouton ne compte pas s’arrêter là et souhaite déjà élargir sa collection à d’autres matières. «On a commencé avec des valeurs sûres, comme les mérinos, nylons et mohairs, mais on va étendre à différentes compositions […] comme des cotons, des lins, des fibres de soie.»
À plus long terme, d’autres projets dorment dans ses tiroirs. «Quand je serai rendue au top de Madame Mouton […] il y a peut-être un livre qui va apparaître quelque part? Parce que je suis designer de patrons en plus. Mais à court terme, Madame Mouton m’occupe quand même assez bien», assure-t-elle.
À quelques heures de la Journée mondiale du tricot, le lancement de la collection de Madame Mouton promet de combler les tricoteuses du Bas-Saint-Laurent dans leurs projets les plus ambitieux.
Source et photo : Marie-Josée Roy, Journal Infodimanche




